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Accueil » Tous les articles » Communauté » Mr Root, suite
Mr Root, suite
  Mercredi 27 Avril 2005
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Quel serait, en débridant mais tout en restant dans une notion de possible, pour vous, le film porno de vos rêves ? (et ne me répondez pas le prochain hein… ;-) )
Facile. Ce serait un produit audiovisuel à la fois intelligent (qui fait plaisir au cerveau), émotionnellement fort (qui fait plaisir à l’affect) et aphrodisiaque (qui fait plaisir à nos bas morceaux)
 
Et hormis vos films, bien sûr, quels sont les styles, les œuvres, réalisateurs qui vous ont marqués, que vous affectionnez plus particulièrement ?
J’aime des tas de trucs. Musique, cinoche, BD, littérature… Je sais pas… Huston dans « the Misfits » ou « La nuit de l’iguane » ? Ah, Ava Gardner dans « la nuit de l’iguane » !!! Michel Onfray ? Gainsbourg ? Nagisa Oshima ? Hugo Pratt ?... Dans le porno ? Euh, y’a des tas de trucs bien, y’a des tas de bons films. Gérard Damiano était un super réalisateur…
 
Et au niveaux des actrices et acteurs, quels sont ceux qui vous ont le plus marqué et pourquoi ?
Des acteurs de cul ? Sais pas. Je les aime tous. C’est ma famille. Ally était incroyable. Fovéa était délicieuse. Tiffany est magistrale...
 
Il y a t-il, comme sur le marché de la production grand public, ce phénomène d’acteurs et actrices « bankables » ?
Non, plus aujourd’hui. Le marché ne le permettrait plus. « No bucks, no Buck Rogers.» Pas d’argent, pas de stars. Peut-être qu’Internet rendra ce star système à nouveau possible…
 
Et en terme de « pratiques », quelles sont les plus vendeuses ? Y-a-t-il des effets de modes à ce niveau ?
On a tout fait, tout montré dans le genre. Les galipettes m’ennuient à mourir aujourd’hui. Ca fait dix ans que je fais ce métier. Ce que je cherche aujourd’hui, c’est la sincérité, l’intensité. Cet état de grâce que procure parfois le sexe. Et aussi le choc des images crues. La transgression.
 
En définitive, dans un film pornographique, le spectateur s’attache t-il plus à l’environnement imaginaire créée ou aux pratiques et plans les relatant ?
Le porno fonctionne sur l’immersion, l’identification. Si on introduit de la distance (humour, discours…), on casse la magie. C’est pour ça que le « gonzo » ou l’ »amateur » fonctionnent si bien. On y croit, on y est. On ne met pas en doute ce qui se passe sur l’écran.
 
Mais au fait, vous avez remporté l'award du meilleur réalisateur français à Bruxelles cette année.
Toutes mes félicitations. Racontez-nous en un peu plus sur cette consécration, son impact…
Ils m’aiment bien à Bruxelles. C’est le neuvième award qu’ils me filent. Moi j’aime y aller parce qu’on se retrouve en famille, on boit, on rit.
 
La production de films pour adultes est un milieu où se côtoient les semi-amateurs et les pros. (phénomène que l’on retrouve encore plus fortement sur le support Internet).
Où placez-vous la barrière et quelles incidences, positives ou négatives, cela engendre-t-il sur ce marché ?
N’importe qui, aujourd’hui, avec un caméscope ou un appareil numérique acheté à la FNAC peut se prétendre pornographe pro. Mon œil.
C’est pas parce qu’on fait la photo de sa bite qu’on est pro. Ce qui fera la différence, c’est la qualité du produit. Aujourd’hui, plus que jamais, le marché est pollué par de la merde indifférenciée. Les bons, ceux qui offrent un contenu de qualité, ne doivent surtout pas baisser les bras. Le marché se lassera de la camelote et finira par revenir vers eux. Et ils gagneront sur le moyen et le long terme. Aujourd’hui, mon catalogue n’a rien perdu de sa valeur, bien au contraire. Alors que les catalogues de tous ceux qui fabriquent du contenu bas de gamme au kilo ne valent plus un euro.
 
Venons-en à votre rencontre avec le Net…Quand et comment cela s’est-il passé ? Cela a-t-il commencé par votre blog ?
Oh non, bien avant. J’ai créé mon premier site payant, www.johnbroot.com, il y a six ou sept ans. Aujourd’hui, tout mon travail va vers www.explicite.com et sur son site d’affiliation www.rebootcash.com. Ce sont mes beaux bébés. Mon blog date de l’an dernier.
 
D’ailleurs, pourquoi l’avoir « suspendu » ? 365 jours de publication, ça donne de la matière…Un bouquin serait-il en vue ? Seriez-vous du genre à vous offrir une biographie ? Une auto-birographie ?
Ben… J’avais gagné mon pari. Stop. Un bouquin ? J’aimerais bien qu’on me publie « Inkorrekt » et je suis sûr que ça intéresserait plein de lecteurs, mais j’ai pas trouvé le temps de l’envoyer aux éditeurs. Plus de mille pages… Je vais recommencer l’expérience du blog bientôt. Inkorrekt2.com. Mais sans la contrainte quotidienne.
 
Quel premier regard avez-vous porté sur le monde l’adult biz francophone lors de votre première rencontre avec ?
Ils sont sympas. Ils ont un bon coup de fourchette et ils boivent bien.
 
…notamment dans l’usage qui est faite des productions pornographiques ?
Je trouve le web francophone adulte assez médiocre dans l’ensemble. Les acccroches du genre :« salopes qui sucent », les « grosses avaleuses de foutre », les « chiennes bonnes à enculer », avec derrière des micro-sites au contenu acheté à des grossistes, c’est vraiment du web bas de gamme destiné aux abrutis misogynes.
Il y a de la place pour un web adulte plus malin, plus séduisant, plus estimable, je crois. J’espère.
 
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suite et fin de l'entrevue dès demain ;-)
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