Bonjour OldNick !
Tout d’abord, accepterais-tu de nous présenter ta société ainsi que ton rôle en son sein en quelques mots ?
Ma société est Wonderland Productions, spécialisée dans l’édition de sites Internet, et depuis peu habilitée à produire des films de long-métrage grâce à l’agrément du CNC obtenu suite à une augmentation de capital. J’en suis le gérant, le principal animateur, l’homme à tout faire selon mon humeur et mes envies, et c’est ce qui me plaît dans l’affaire.
Si je ne m’abuse, ta société WonderLand est née 2 ans après Orgsex.com. Alors pendant ces 2 années, sous quel statut exploitais-tu Orgsex ?
J’étais en entreprise individuelle, statut que je déconseille vivement dès que vous commencez à faire un peu de CA car celui-ci est assimilé à vos revenus personnels, et vous êtes dès lors matraqué par les impôts. Je n’avais aucune notion comptable quand j’ai démarré, et j’ai été sidéré de voir les sommes que l’Etat et les différentes caisses de cotisation peuvent se goinfrer sur le dos des gens qui ont l’initiative de monter une boite. De vrais vampires. Alors que l’argent qu’on gagne, on ne le vole pas il me semble.
Comment est né Orgsex ? De quelle idée, envie, est-ce parti ?
Orgsex est né d’un webzine d’info satirique que j’ai créé en 1996, L’Organe Magazine, qui existe toujours d’ailleurs (www.lorgane.com, aujourd’hui managé par le méchant journaliste indépendant David Zarayan) et qui se porte très bien puisqu’il a été décrit sur le site web de Télérama himself comme « le Canard Enchaîné du web ». A cette époque des quasi débuts du web en France, je me suis dit qu’il serait bien, pour booster les visites de ce webzine, de créer une rubrique sexy intitulée « L’Organe Sexuel ». C’est ce que j’ai fait, grace à quelques photos « empruntées » ça et là sur les newsgroups. Rapidement, en consultant les stats, je me suis aperçu que le plus gros des visiteurs allait directement sur L’Organe Sexuel sans passer par L’Organe. A partir de là, ça a été vite décidé: je me suis dit que, s’il y avait moyen de gagner sa vie sur le Net, ce serait grâce au cul et non grâce au cerveau – quoique l’alliance des deux peut aussi fonctionner… J’ai donc essayé de faire le site de cul que j’avais envie, moi, de voir : pas un site crade et vulgaire, au ras des paquerettes, mais plutôt un site décalé ou l’érotisme se marierait à l’humour, et où on ne prendrait pas les femmes pour des morceaux de viande. J’aime en effet l’idée que L’Orgsex se consulte aussi à deux, en couple, et le fait est que j’ai beaucoup de couples parmi ma clientèle.
Au démarrage, quelles étaient tes attentes ? Comment voyais-tu ton développement ?
J’espérais que les gens m’enverraient leurs photos perso contre la perspective de gagner leur abonnement. C’est ce qui s’est passé. Peu à peu, avec les bénefs engrangés, j’ai commencé à produire mon propre contenu : Stripinterviews, Filles d’à Côté, live-shows amateur…
Avec quelles rubriques à-tu démarré ?
Avec « Amateur’s Galerie », la rubrique photo Amateur vedette du site. Les gens envoient leurs photos perso, à visages découverts sinon je ne les passe pas, et ils indiquent leur adresse email. Il y avait aussi « Ta mère en string », des photos supposées volées de mères, sœurs, tantes, cousines de visiteurs.
Le succès à-t-il été immédiat ? Quelles étaient, pour toi, tes atouts et défauts ?
Oui, j’ai tout de suite été bluffé par la courbe sans cesse ascendante de mes stats, en visites comme en revenus. Rétrospectivement, ça se comprend car il y avait vraiment très peu de sites érotiques sur le Net à cette époque, comparé à aujourd’hui où il y a plus de webmasters de sites de cul que de visiteurs.
Quid sur le nom devenu légendaire « Orgsex » ?
C’est une contraction de L’ORGane SEXuel. Un nom dont on se demande ce qu’il veut dire si on ne connaît pas L’Organe Magazine, mais qui au final est efficace : court, donc on s’en souvient facilement… et en plus il contient le mot « sex ».
Parlons un peu de tes deux produits phares, les castings sauvages et strip-interviews. Commençons par les castings sauvages…Pourquoi avoir décidé de jouer au reporter-aventurier dans la rue, plutôt que d’autres voies classiques de casting ?
Franchement, c’est un journaliste d’Entrevue qui nous a demandé de bidonner ça pour son reportage. On s’est donc lancés dans la rue, suivi du journaliste et de son photographe, et on a fait comme si on avait fait ce genre de casting toute notre vie. On a abordé beaucoup de nanas, et on a étés très surpris de constater que, si on fait preuve de persévérance et qu’on le leur demande gentiment, pas mal de filles acceptent de nous montrer leurs seins, voire le reste.
Tu dois te prendre pas mal de refus non ? Quel est ton « taux de transfo. » ?
Le même taux que pour les castings sauvages qu’on a fait ensuite seuls, avec ma complice Marie-Ange : assez élevé. Je dirais qu’une fille sur 5 acceptera de montrer ses seins si on la baratine bien et qu’on lui présente la chose comme un jeu sympa, qui lui permet en plus de gagner 30 euros vite fait pour l’aider à poursuivre sa soirée. Les refus sont toujours aimables et avec le sourire, parce qu’elles comprennent qu’il s’agit d’une vanne sexy, qu’on ne vient pas pour se moquer d’elles, et que c’est même plutôt flatteur pour elles parce qu’on leur dit qu’elles sont jolies et qu’on est sûrs qu’elles ont des seins magnifiques qu’il faut absolument montrer !
Ces exhibitionnistes d’un instant, le font-elles réellement, uniquement, pour la récompense pécuniaire ?
Je pense que c’est plutôt un défi qu’elles relèvent pour plaisanter, surtout quand elles sont entre copines. Il n’était pas rare qu’une fille qui refusait obstinément de nous montrer ses seins à notre arrivée accepte de le faire après qu’elle ait vu une de ses copines le faire… surtout si elle a constaté que cette copine a empoché un peu de liquide pour ça. On joue sur l’émulation, on crée une ambiance sympa, on plaisante avec les filles, et au total ça marche donc une fois sur 5.
Combien de temps passes-tu, en moyenne, pour réussir à décrocher un strip sauvage ?
De 2 à 5 minutes de conversation suffisent à convaincre une fille. Une nana qui ne veut vraiment pas, ça se remarque tout de suite, et on n’insiste pas plus de 30 secondes.
Acceptent-elles d’apparaître à visage découvert sur Orgsex ? As-tu eu, après coup, des filles qui t’ont recontacté pour se rétracter ?
Y en a même pas mal qui se rétractent quelques instants après l’avoir fait, quand il s’agit de signer la cession de droit à l’image et l’autorisation de diffuser, c’est surtout ça le problème ! J’ai en stock un paquet de films jamais diffusés car la nana n’a jamais voulu signer…
Quels sont tes terrains de chasse favoris ?
Les bars et boites « branchés », du côté de Bastille surtout où on est bien connus !
Certaines sont-elles intéressées pour aller plus loin (type scène porno), où est-ce pour le fun, le concept, qu’elles acceptent ?
Oui ça arrive que certaines, très imbibées en général, démarrent en montrant leurs seins et finissent par nous montrer tout le reste dans les toilettes de la boite. Mais on n’a jamais eu de plan « hard » (avec pénétration, disons) car de toutes façons ce n’est pas le but recherché dans ces expéditions.
En parlent-elles à leurs amis une fois publiés ? S’abonnent-t-elles pour voir le résultat ?
Aucune idée, je n’ai jamais eu de nouvelle d’une nana qui a fait un « Casting sauvage ».
Quel est ton rythme de production de castings sauvages et quel type de contrat leur fait-tu signer ?
Pour l’instant c’est totalement suspendu. Ce type de tournage est coûteux (on distribue des billets à tour de bras), et un peu compliqué à organiser car ça mobilise, en plus de Marie-Ange et moi, 2 ou 3 copains musclés pour dissuader d’éventuels petits amis jaloux de nous foutre sur la gueule, ce qui a quand même failli m’arriver une fois ou deux. Mais on va en refaire une volée cet hiver, avec la complicité d’un bar de la rue de Lappe.
Pourquoi avoir choisi la rémunération au cachet (statut d’intermittent du spectacle) selon les tarifs syndicaux en vigueur ?
Parce qu’il s’agit d’être clean vis à vis de la législation française, tout simplement. Le statut d’intermittent est le plus adapté à ce type de rémunération dans la mesure où la fille fait ça « une fois », donc ça équivaut à un cachet.
Passons aux Strips-interviews, quelles sont les différences avec une vidéo pour adultes dite « classique » que l’on peut retrouver sur le Net ?
Les StripInterviews sont un dialogue entre le cameraman (moi), et la fille interviewée. La plupart sont softs, même si je ne me prive pas d’explorer en gros plan les parties intimes de l’intéressée si je sens qu’elle n’y voit pas d’inconvénient. La différence avec les autres vidéos, c’est qu’il y a un point de vue subjectif: le mien. J’explore l’anatomie de la dame tout en lui posant des questions indiscrètes, souvent plus farfelues d’ailleurs que graveleuses. C’est amusant de voir parfois la complicité qui s’instaure durant la prise de vues, d’autant que je tourne en plan séquence sans coupure (j’exploite ce côté amateur/gonzo un peu trash de la caméra hésitante), comme à l’inverse de sentir celles qui ne sont là que pour empocher un cachet.
Que leur pose-tu comme questions ?
Des tas ! On commence par « Tu t’appelles comment ? Tu as quel âge ? Tu fais quoi comme métier ? ». On continue par « C’est quoi ton tour de poitrine ? Tu te souviens de ta première expérience sexuelle ? Tu préfères les grands blonds norvégiens ou les gros blacks musclés ? C’est quoi ta position préférée ? ». Et puis on finit dans le bien hot, une fois que la fille est nue : « Comment tu fais pour avoir une fente aussi bien épilée ? Tu es plutôt soumise ou domi ? Que penses-tu du fist-fucking ?»… C’est toujours de l’impro, réalisé en une prise unique, donc j’envoie tout ce qui me passe par la tête sur le moment en fonction de ce que je devine de ce que la fille peut accepter. Je ne veux pas non plus la brusquer avec des questions crades qui de toutes façons ne m’excitent pas.
Comment les recrutes-tu et quelle rémunération proposes-tu ?
J’ai écumé le gratuit Paris Paname. Mais maintenant, j’ai épuise le filon, alors je cherche ailleurs. Je n’en dis pas plus car il n’y a pas grand chose de plus difficile que de trouver des filles qui acceptent de se laisser filmer nues. C’est la base de notre beau métier, alors les tuyaux de casting sont quasiment un secret industriel !
Sont-elles toutes de « réelles amatrices » ou certaines acceptent-elles en tant qu’ « actrices » ?
Sur la quarantaine de StripInterviews, je dois avoir 3 ou 4 pros, pas plus. Ce sont les plus cochonnes (voir Atomix ou Laetitia), mais pas les plus excitantes de mon point de vue. Les autres sont des modèles occasionnels, qui font ça en cachette en plus de leurs études ou de leur job.
D’ailleurs, étant le King de l’Amateur, quelle définition pourrais-tu donner à ce terme ? Où est la limite entre l’amatrice et l’actrice ?
De l’avis de beaucoup, je suis d’autant moins le « King » de l’Amateur, comme tu dis, que je ne suis pas moi-même un pratiquant du libertinage. Mon activité sur le web c’est de filmer et mettre en scène des modèles non professionnels, et si possible de les valoriser dans des productions érotiques ludiques et décalées. C’est la spontanéïté et la maladresse parfois touchante de filles qui n’ont pas l’habitude d’être nues devant une caméra qu’il me plaît de montrer. Pour le reste, je ne me sens pas concerné par le débat vrai ou faux Amateur.
Sur Orgsex, tu mets en avant deux interviewées, Céline et Marie-Laëtitia, qui ont en point commun d’avoir participées à des émissions de Real TV, simples coïncidences? Ont-elles toutes deux tourné avant pour toi ? Comment les a-tu rencontrées ?
Elles faisaient partie des amatrices qui se sont présentées suite à casting. Après, quand je les ai vues à la TV, j’ai fait comme n’importe quel magazine de la presse « papier », je ne me suis pas gêné pour faire de la promo autour d’elles !
Pourquoi, d’après-toi, personne d’autre ne s’est-il essayé dans ce type de concept ?
Je ne sais pas trop de quel « concept » tu parles. Si c’est la niche Amateur, je ne suis pas le seul dessus, on est même quelques milliers il me semble. Si c’est le côté un peu décalé, mixage érotisme/humour, peut-être que ce mélange fait peur à certains collègues qui croient que l’humour fait débander. Je ne le crois pas du tout, personnellement je préfère bander en m’amusant, et je vise donc de préférence une clientèle qui partage cette opinion, même si ce n’est peut-être pas le public le plus large. Par ailleurs, pour essayer un concept, il faut produire, financer. Donc ça coûte, et donc la plupart des webmasters s’y risquent d’autant moins que la majorité d’entre eux sont des non professionnels, généralement des étudiants qui ne sont pas prêts à investir beaucoup d’argent dans leur(s) site(s).
Avant uniquement accessibles dans la zone membre réservée aux abonnés, tu les propose aussi maintenant en produit unique, via Allopass. Pourquoi ce choix ?
Parce que j’utilise Allopass sur une petite partie du contenu global, et que ça ne nuit pas aux abonnements CB, au contraire: un visiteur va visionner un Strip en s’offrant un Allopass puis, si ça lui a plu, il se dira qu’en déboursant 29euros, il aura accès à tous les Strips + tout le reste du site. Sur un site à gros contenu, l’Allopass utilisé sur une partie restreinte du site peut fonctionner comme une démo et pousser les abos CB.
Par rapport à l’offre d’abonnement, qu’en tirerais-tu comme différences de consommation ?
Les visiteurs Allopass sont sans doute plus volatiles, ils sont plus difficiles à fidéliser, passent de site en site et n’ont en majorité pas l’intention d’utiliser leur CB.
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la suite de la trilogie d’OldNick dès demain avec notamment des révélations sur son petit neveu ![]()
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