Mais l’esprit d’Orgsex ne s’est pas arrêté pas qu’au site, il s’est retranscrit aussi dans l’organisation d’une soirée, appelée « Eyes Wide Shut ». Est-ce un de tes films cultes ?
Ce n’est pas mon film préféré de Kubrick mais j’ai un grand respect pour ce cinéaste, et je trouve marrant d’avoir associé l’image de L’Orgsex à une de ses créations. Cette soirée était une sorte d’hommage, oui, mais c’était surtout une soirée libertine inoubliable pour tous ceux qui y ont participé. Ceux qui y étaient, dont certains professionnels bien connus, pourront vous le confirmer.
Comment est née l’idée de cette soirée ? A-tu eu quelconques relations avec la production du film du même nom pour pouvoir en utiliser le nom ?
Après avoir vu le film, et flashé sur la séquence de l’orgie au château, je me suis dit « pourquoi ne pas essayer de reconstituer ce type de soirée dans la vraie vie » ? En temps que pornocrate, j’étais assez bien placé pour le faire me semblait-il, même si je n’avais pas beaucoup de connexion avec le milieu libertin. L’idée était d’organiser une soirée échangiste haut de gamme, voire carrément élitiste, avec location de château, fabrication de costumes et masques vénitiens, champagne à volonté, service d’ordre, bref, la totale classe. J’avoue ne pas avoir demandé l’autorisation de la Warner, c’est pourquoi on l’a organisée sous le label « soirée EWS ». Mais je sais aujourd’hui, pour l’avoir lu sur un newsgroup américain consacré à Kubrick, que cette soirée est venue à la connaissance des producteurs et héritiers du cinéaste, qui s’amuseraient plutôt paraît-il de cet hommage singulier.
Est-ce la même clientèle que Orgsex, est plus généralement du sexe sur le Web ?
Il y avait une quinzaine d’abonnés avec leur compagne. Le reste des participants étaient des libertins habitués des soirées échangistes, et pas mal d’amis professionnels, tous en couple bien sûr, dont certains dirigeants de CD que je remercie d’ailleurs pour avoir cofinancé la soirée à hauteur d’un tiers.
Financièrement, était-ce rentable ? Ou le but était d’auto-financer une expérience unique ?
Financièrement, c’était un désastre. La soirée à coûté 120KF, et en a rapporté la moitié seulement. L’erreur de ma part est que le montant de la participation demandée était trop bas. Mais je ne regrette pas l’aventure, c’était une soirée grandiose dans une ambiance magique, on se serait vraiment cru dans le film. Et ça a été un bon coup de pub puisque la presse en a parlé. Les retombées en terme d’image ont donc étés excellentes. C’était le but visé, davantage que la rentabilité économique. Pour lire un bon compte-rendu de la soirée paru dans le magazine Playboy, allez sur http://www.orgsex.com/ews.php3, en bas de page.
Quelques chiffres sur la soirée ? Une deuxième est-elle prévue ?
80 couples, donc dans les 180 personnes si l’on inclut le staff technique et une demi-douzaine d’animatrices recrutées parmi les Copines de L’Orgsex.
A quand des jeux de rôle grandeur nature pour adultes, à la « The Game » ?
Je demande pas mieux, j’adorerais ça, j’ai des idées concrètes d’un jeu de rôle érotique en extérieurs. Mais, comme pour EWS, c’est coûteux. Avis aux coproducteurs éventuels…
Ta société, WonderLand, incube un nouveau projet de long-métrage, « La rivière enchantée ». Comment est née cette idée ?
J’ai toujours eu une caméra à portée de main, que ce soit en Super8, puis en VHS, puis en numérique. Avant de découvrir le Net, j’ai réalisé des courts-métrages, travaillé pour le cinéma (assistant), pour la télé (réalisateur de reportages et documentaires), bref, j’ai toujours fait des images, raconté des histoires et eu des idées de films. Je remercie aujourd’hui le bon dieu du Net de m’avoir, à force de dur labeur et de recettes issues de l’érotisme, permis de monter ma boite de prod’. Je n’abandonne pas le Net pour autant, loin de là, c’est simplement une deuxième activité que je m’efforce de développer en parallèle: la production audiovisuelle. J’apprends donc le métier de producteur à travers un projet de film perso, dont je ne dirai pas grand-chose à cause que c’est grave top-secret pour l’instant ?
Depuis combien de temps maintenant travailles-tu dessus et quand la production démarrera t-elle ?
Le scénario est terminé depuis six mois. J’en suis à chercher les comédiens principaux, le scénar est en lecture chez des actrices françaises via leurs agents. Si j’obtiens un ou deux acteurs « bankables », comme on dit, je pense que l’affaire devrait arriver à se monter.
Pourrait-on en savoir un peu plus sur le film ? (scénario, actrices, budget…)
Non, secret absolu, sorry
…hormis que ce ne sera pas sur le terrain sur lequel on pourrait m’attendre…En clair, il ne s’agit pas d’un film de Q: ni porno ni même érotique. Je me suis déjà fait piquer des idées par la télé, et celle-ci est vraiment bonne (je sais, ce n’est pas modeste, mais je le pense). Disons qu’elle met en scène un personnage féminin à qui il arrive un aventure vraiment peu banale. L’actrice doit avoir un sacré culot pour interpréter le rôle, et devra prendre des risques. Donc je m’attends à essuyer pas mal de refus, mais j’y crois car le projet tient bien la route.
Quelles voies de distribution envisage-tu ?
Salles, télés, DVD, distribution classique. Sans oublier une première exclusivité sur le Net, du genre le film à télécharger en Divx moyennant une obole.
Sur Wonderland.fr, fût un temps où tu démarrais une activité B2B avec pour cible les webmasters. Pourquoi avoir stoppé ?
Parce que, sur le secteur français, ça ne rapportait pas un rond. Peu de webmasters français sont prêts à mettre le prix pour du contenu peu répandu.
Je suppose que tu sais que Wonderland.com est un site anglais dédié au conte Alice au pays des merveilles. Serais-tu la Alice du sexe ?
Bien sûr, c’est un clin d’œil au personnage de Lewis Caroll. J’adore ce nom, Wonderland, et ce qu’il implique : « le pays des merveilles ». Un pays imaginaire où toutes les aventures sont possibles, y compris donc celles liées au sexe
Pour conclure cette entrevue fort sympathique (pour toi aussi je l’éspère), quel regard porte-tu sur le marché du sexe en ligne à l’heure d’aujourd’hui, avec notamment ses marques blanches vidéos, offres CB 30 mins gratuites… ? D’ailleurs, te considère-tu comme un webmaster ?
Je me considère comme un webmaster, un éditeur, un producteur, un réalisateur de contenu, bref, un fabricant de divertissement sur le web. Je n’ai pas de position bien arrêtée sur les offres dont tu parles, je pense que tout peut être essayé. Mais je répète que, de mon point de vue, ceux qui, à terme, tireront leur épingle du jeu, sont les producteurs de leur propre contenu, même si ce sont aujourd’hui de modestes artisans. Il ne faut pas hésiter à investir financièrement, surtout si on a des idées, et encore plus si ces idées sortent de l’ordinaire. Cela implique de prendre des risques. D’un autre côté, il est à mon avis inutile de continuer à produire du « porno de papa », se contenter de montrer des nanas vulgaires en train de se faire bourriquer par tous les trous : tout le monde a vu et revu ce genre d’images, et plus grand monde n’est prêt à sortir sa CB pour en voir une énième déclinaison. Dans le contexte actuel, le « reality porn » me semble être un secteur prometteur.
Pour terminer, accepterais-tu de nous conter quelques anecdotes ? (je suis sûr que tu dois en avoir quelques-unes dans ta hotte…) Et, de ce fait, ton meilleur souvenir…et le pire !
Le meilleur : la soirée EWS, bien sûr. Et la satisfaction quotidienne d’avoir des abonnés fidèles, qui semblent satisfaits de mon travail puisqu’ils se réabonnent.
Le pire, une petite anecdote rigolote, qui m’a bien stressé sur le moment. C’était aux tous débuts du site, un mec m’avait envoyé des photos de sa mère à poil – soi-disant, pensai-je – pour la rubrique « Ta mère en string ».
A l’époque, complètement inconscient, je passais encore les photos à visages découverts. Celles-ci étaient particulièrement gratinées, on voyait une femme d’une bonne quarantaine d’années dans des positions très explicites, cuisses écartées, anus bien ouvert, tout déballé au grand jour, bref, du « pink » gynécologique bien chaud. Je les avais passées en étant sûr que c’était du bidon, me disant que c’était un petit jeune qui fantasmait sur des photos piquées quelque part. Mais comme ça avait l’air crédible, je pensais que c’était une bonne série, et je la mets donc en ligne. Et voilà que, le lendemain même, je reçois un coup de fil ulcéré-scandalisé de la femme en question, qui venait d’être avertie, par son fiston lui-même, qu’il m’avait envoyé des photo très personnelles d’elle, et que j’avais eu le culot de les mettre sur le site ! Elle vociférait dans le téléphone (je me demande d’ailleurs toujours comment elle avait eu mon numéro perso), me menaçant de tous les procès du monde et de la ruine absolue si je ne retirais pas dans la minute les clichés de sa personne. Inutile de vous dire que, ouvrant dans la foulée mon client FTP, j’ai obtempéré aussi sec. Quelques instants plus tard, constatant la disparition effective de ses photos du site, la dame se calme un peu en me disant que, à présent, elle allait avoir une explication sérieuse avec son « crétin de fils ». Et elle me raccroche au nez.
Rétrospectivement, j’en rigole bien en imaginant la conversation mère-fils suite à l’incident… J’en ai tiré deux conclusion :
1/ les photos de « Ta mère en string » sont loin d’être toutes bidons ![]()
et 2/ dorénavant, je mosaïquerai systématiquement tous les visages de cette rubrique.
OldNick, je te remercie vivement et sincèrement de nous avoir fait partager une expérience « pas comme les autres », intriguante et enthousiasmante. Je te souhaite encore plein de moments coquins !
Et bien merci à toi… Et sache que tu m’as bien fait bosser, avec cette interviou. Maintenant, faut que je retourne à mes femmes à poil (et sans poils aussi) !
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