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Bonjour Antony,

Pourriez-vous nous présenter, en quelques lignes, la société Azuria et votre rôle en son sein ?
Bonjour,
Je suis Antony G. (Proceau), un des actionnaires de Azuria.
Azuria est une société de Hosting et services Informatiques. Notre activité va du simple hébergement de serveur aux lignes spécialisées et autres infrastructures à fortes contraintes (ma spécialité).

Quelles ont été les évolutions notoires de ce marché ? En terme de besoin client, technicité…
Je dirais l’annonce de gros chiffre (espace, bande passante). En effet dans le marché du hosting c’est surtout l’overselling qui a pris le pas sur les autres offres dans le domaine du X. Elle a l’avantage d’être obscure pour les webmasters et d’annoncer des valeurs de bande passante qui font tourner les cœurs de tout un chacun. Dans le cas d’Azuria vu notre cœur de marché, nous préférons rester sur de la bande passante garantie (fortes contraintes et grands comptes).

Sur une offre, faut-il privilégier la configuration matérielle, la bande passante allouée, ou le service après-vente ? Comment faire les bons compromis ?
Cela consiste en 2 grands types d’offres.
Celles à débit garanti et service (le webmaster peut consommer le maximum pendant des jours, voir des mois, sans risquer de coup de pied au cul et sans que le lien ne sature), ce sont les plus performante mais son cher. Etant une offre avec des engagements une vrai SLA peut être négocié.
La seconde est plus intéressante coté prix, c’est l’overselling très actuelle comme offre. Mais elle est a double tranchant, car rien n’est garanti et donc pas de SLA, coté performance, la gestion de congestion de TCP/IP va limité les impacts et l’activité du serveur web ne sera pas impactée de manière très visible en apparence. La seul différence est le nombre de page vue / visiteur, mais cela n’est pas la seul chose qui influe sur ce paramètre et donc il est difficile de quantifié l’impact de l’overselling dans les faits. Mais cela va être de plus en plus marqué avec l’arrivé de surfer sur du haut ou très haut débit.
A titre d’exemple essayez de surfer sur www.enom.com : la navigation est correcte mais on sent que ça rame.

La différence se sentira d’autant plus qu’on est en haut débit (pour mon cas, toujours entre 20 et 100 Mbit/s)
Peux tu détailler un peu les différences entre ces 3 modèles de facturation ?

+ 95e percentile (également dit  » au percentile « )
Cela consiste a prendre une mesure du trafic moyen (en Mbit/s) toutes les cinq minutes.
Ensuite, à la fin du mois, on supprime les 5% de valeurs les plus hautes. La valeur résiduelle la plus haute dans les 95% restants est retenue pour la facturation. Ceci permet de faire 5% de pic qui ne seront pas facturés, pratique pour les lundi pour les gros transferts ponctuels).
Avantages : Permet de disposer d’un réseau très ouvert et performant, et de ne pas se faire facturer les pointes de trafic. Un autre conséquence immédiate est qu’elle oblige l’ISP à avoir un réseau extrêmement disponible et rapide : si ça rame, il y aura moins de trafic et il facturera moins !
Inconvénients : Facture variable, nécessité de maîtriser sa consommation, et c’est le tarif le plus cher par Mbit/s

+ Shape
Cela consiste à jeter les paquets lorsque sur un slot de temps de 1 seconde, la consommation de bande passante a atteint la limite.
Ce mode de facturation inclut en général une offre de burst limité.
Avantages : Facture fixe, limite l’évolution sur le temps.
Inconvénients : jette les paquets à partir de 70% du shape (c’est souvent moins cher au Mbit/s que le 95%, mais seulement 70% est réellement exploitable à qualité égale), toutes les pointes sont jetées car dépassent sur 1s le débit autorisé. Concrètement si le shape est trop faible, le site sera très lent aux heures de pointes

Inconvénients : grosse dépendance par rapport aux autres personnes connectées dans le même groupe d’uplink qui évolue dans le temps.

En terme de bande passante, vaut t’il mieux préférer une offre avec un quota de consommation ou avec un certain nombres de Mbits alloués ?

+ Overselling
Cela consiste à mettre un grand nombre de serveur sur un lien qui n’est pas la somme des débits fournie à chaque serveur, avec un facteur définie à l’avance.
Par exemple 50 serveurs à 30 Mbit/s montés sur un uplink à 200mbps. Cela donne un ratio de 0,13 : un serveur est prévu pour ne pas consommer en moyenne plus de 13% des ressources allouées. Plus le ratio est faible plus cela est rentable pour l’ISP, évidement ces ratios sont tenus très secrets. Ce mode de limitation de bande passante est le même que pour le shape, mais est mutualisé entre plusieurs serveurs. Evidemment ce mode de facturation est le plus intéressant lors de lancement d’offre car le ratio est meilleur, mais aussitôt que l’offre attire de gros consommateur … ça devient les chaises musicales.
Avantage : Facture fixe, bonne performance en dehors des heures d’activité

La règle est plutôt simple si la consommation est faible une facturation au trafic sera plus souple et proposera une base de prix plus faible, mais lorsqu’on devient un gros consommateur seul la facturation au Mbit/s est à retenir. La conversion de l’un à l’autre est dépendante du type de site web, et peut aller de 100Go/mois = 1 Mbit/s à 200Go/mois = 1 Mbit/s, suivant les plages horaires de consommation. Pour la seconde méthode de facturation il en existe en réalité deux, au Mbit/s avec/sans burst (shapping, en gros aussitôt que la bp s’approche de 70% de la limite les connexions TCP/IP commencent à ralentir pour éviter les pertes de paquet 0,2% à 70%) et enfin, la facturation au 95% (cette dernière est la plus complexe mais aussi la plus intéressante car l’ISP laisse passé 5% des pointes de trafic ce qui permet au heure de pointe d’avoir plus de capacité réseau sans pour autant le retrouver sur la facture a la fin du mois, mais la contre parti c’est que la facture est variable, ce qui impose d’avoir une maîtrise totale de sa consommation)

Tout le monde connaît les provider Internet pour les particuliers, mais pour la plupart des gens les fournisseur de réseau au niveau des centres serveurs sont inconnus, pouvez vous nous en parler ?

Disons que les investissements pour être un hébergeur de particulier sont lourd, même très lourds alors que pour se dire hébergeur professionnel, il suffit de prendre un serveur dédié chez un autre ISP et mettre quelque 10aines ou 100aines de sites dessus.
Les lourds investissements consentis par les ISP nécessitent un gain de client important donc une forte communication auprès de leur panel de client, ce qui les rend visible.
La seconde raison est que le recrutement dans le monde du hosting se fait beaucoup par le bouche a oreille et/ou prix. Cela est possible par le faible nombre de clients potentiels (c’est un petit monde).
On parle souvent de qualité de bande passante différente selon les centres serveurs, pouvez vous nous éclairer ?
Il y a 3 choses qui participent à la qualité d’une bande passante (et toutes sont à calculées aux heures de pointes).

- La saturation des liens (tous et non juste certains)
Cette saturation est technique mais aussi économique, un ISP à bande passante garanti aura toujours intérêt à avoir un réseau surdimensionné pour permettre à ces clients de consommer plus pour lui permettre de facturer plus, mais en contre parti il doit lui donné les moyens de contrôle son débit, alors qu’un ISP qui pratique de overselling gagnera de l’argent avec la saturation (plus ou moins visible) de son réseau.

- La latence, taux de perte moyen du réseau
Cela est indirectement lié à la charge globale du réseau et au choix technique.
Mais aussi des prestataires, certains comme Azuria mettront 2 a 3 fournisseur de transite (tous actifs) plus 1 à 3 point d’échange gratuit, alors que d’autres par souci d’économie choisirons que 1 ou 2 transites les moins cher possible et forceront l’ensemble de leur trafic sur le moins cher des deux pour maximisé l’effet de volume pour avoir un bon prix, même si avec cette pratique, le secondaire/secours, ne sera pas capable d’absorber l’ensemble du trafique.

- La qualité des chemins choisis
La qualité du chemin est directement lié au routage bgp, il est conditionné par de nombreux paramètres et surtout par une politique de routage qui peuvent allez du routage naturel (toujours la meilleur route avec des paramètres plus ou moins complexes : latence, nombre de saut, … c’est la solution retenu par Azuria et qui permet d’utilisé au mieux l’ensemble de ses transites) à un routage d’ordre économique (routage au moins cher). Evidement cette dernière solution ne donne par forcement les meilleurs résultats pour le client mais par contre est la plus intéressante pour l’ISP

Existe-t-il des différences significatives entre les sociétés d’hébergements françaises et leurs homologues européens et internationaux ?
Disons que les sociétés françaises sont très nombreuses (si on inclut les pseudos hébergeurs) et surtout d’assez petites tailles. Mais c’est un avis personnel et je suis loin d’être une référence dans ce domaine et donc je ne développerais pas plus la question.

Sommes nous tous égaux en terme de qualité de lignes suivant les pays ? Quelles incidences pour le client final ?
Globalement, la qualité des lignes ne dépend pas des pays mais plutôt des prestataires, des gens comme Level3 ou d’autres de même qualité existent dans tous les pays mais ont un coût qui est parfois 30 a 80 plus élevé que d’autres locaux pratiquant l’overselling ou le lowcost. Et donc dans des pays où une offre commercial prend le pas sur d’autres le choix des fournisseurs fait le reste.
Le gros avantage des lowcost en France c’est qu’il y a peu de site de référence pour la vitesse et donc voila la différence entre un site rapide ou lent.
Mais bon certain vous dirons il faut une grosse ligne pour bien voir la différence, c’est mon cas, mais sur des tests de site, la différence en hit est de l’ordre de 7 a 11% alors que visiblement cela ne se voit presque pas à l’œil que le site est plus rapide (il faut sortir les armes pour s’en rendre compte), mais bon c’est quoi 10% de plus de biz, lorsque les différences de prix sont de l’ordre de 30 a 45% peut être le respect et la fidélisation du client.

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la suite de l’entrevue dès demain ;-)
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  1. C'est un peu vide ici ! Pourquoi ne pas laisser un commentaire ?



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